"Je trouve extrêmement vexant, déclara Humpty Dumpty, après un long silence, et sans regarder Alice, oui, extrêmement vexant de s'entendre traiter d'oeuf."
De l'autre côté du miroir,
Lewis Caroll
Clairement tout le monde, ou presque, connaît le film Harold et Maude, réalisé en 1971 par Hal Hashby. Le film est représentatif des années 70 : free spirit, spontanéité et une certaine poésie à l'opposé des conventions sociales de l'époque. Pour ma part, je l'ai vu adolescente et il m'a profondément marqué.
Lors de sa sortie, il avait défrayé la chronique puis il est devenu culte. L'auteur, Colin Higgins avait signé ce scénario extraordinaire, mettant en scène un jeune homme de 19 ans fasciné par le morbide, les cimetières et Maude, une excentrique femme de 79 ans, toujours prête à faire les quatre cent coups. Leur rencontre provoqua des étincelles et le jeune homme en tomba raide dingue amoureux. Au grand dam de sa famille ...
Mais remettons les choses dans leur contexte : Harold est un jeune homme de bonne fortune. Il a grandi protégé par sa mère (tout autant excentrique dans son genre) et un oncle dans l'Armée. Le jeune homme a été expulsé de son lycée pour avoir fait exploser le laboratoire de chimie (et détruit tout une partie du bâtiment). Depuis, il profite de son temps libre pour rouler en corbillard et assister à des enterrements où il ne connaît personne et surtout mettre en scène de faux suicides pour surprendre sa mère. La première scène commence justement par la fausse pendaison d'Harold et sa mère qui, habituée à la chose (n'en est-il pas à sa dix-septième tentative?) le remarque à peine. J'avoue que j'ai eu du plaisir à suivre toutes les tentatives d'Harold et la réaction de sa mère. J'ai adoré le personnage de la mère. Celle-ci ne cesse de se demander d'où Harold tient ce tempérament si atypique, mais d'elle bien entendu !
Désolée de voir son fils sans ami, sans vie sociale, elle hésite à l'envoyer à l'armée sur les conseils de l'Oncle (L'armée fera de lui un homme). Elle tentera par la suite de le marier en sollicitant une agence matrimoniale, préparez-vous à bien rigoler. Harold doit aussi venir s'épancher toutes les semaines chez un thérapeute qui lui-même est dépassé par le comportement du jeune homme.
Un jour alors qu'il assiste à un enterrement, il remarque une dame âgée (elle a les cheveux blancs dans le roman) qui mange des réglisses sans se soucier du reste et lui fait signe. Lorsqu'il la retrouve à un autre enterrement, tous deux découvrent leur passion commune pour ce genre d'évènements. Maude, à l'inverse d'Harold adore la vie. Elle profite de chaque journée au maximum. Elle n'a pas son permis mais roule chaque jour dans une voiture volée, elle pose nue pour un sculpteur qui travaille sur un bloc de glace, elle monte dans les arbres. Elle cache aussi le tatouage qui révèle un passé douloureux (les camps de concentration). Maude va bouleverser la vie morne et sans but d'Harold.
Il est clair qu'en lisant le roman (né d'un scénario), les images du film n'ont cessé de me revenir. J'avais adoré le film et ici j'éprouve à nouveau une grande tendresse pour Maude.
Le film devenu culte aura inspiré les journalistes ou romanciers (les Harolds désignaient ainsi les adolescents obsédés par les cimetières et les enterrements). Dougland Coupland, l'écrivain canadien alla jusqu'à créer le néologisme to harold pour décrire cette activité étrange.
Quand à moi, j'ai pensé de suite à Restless, de Gus Van Sant où deux jeunes se rencontrent justement dans un cimetière, Enoch (qui est un Harolds) et une jeune femme gravement malade (Mia Wasikowska). Un autre film que je vous conseille très chaudement (bon je suis fan de Van Sant donc je ne suis pas très objective).
Quand à moi, j'ai pensé de suite à Restless, de Gus Van Sant où deux jeunes se rencontrent justement dans un cimetière, Enoch (qui est un Harolds) et une jeune femme gravement malade (Mia Wasikowska). Un autre film que je vous conseille très chaudement (bon je suis fan de Van Sant donc je ne suis pas très objective).
Le livre, publié après la sortie du film lui est fidèle et la fin est toujours aussi émouvante. J'ai juste dorénavant très envie de revoir le film (que je possède). Pour les curieux, vous pouvez voir la bande-annonce ici.
Cat Stevens avait signé la musique et j'adore la chanson du générique :
Cat Stevens avait signé la musique et j'adore la chanson du générique :
Well, if you want to sing out, sing out
And if you want to be free, be free
'Cause there's a million things to be
You know that there are
And if you want to live high, live high
And if you want to live low, live low
'Cause there's a million ways to go
You know that there are
You can do what you want
The opportunity's on
And if you can find a new way
You can do it today
You can make it all true
And you can make it undo
you see ah ah ah
its easy ah ah ah
You only need to know
Well if you want to say yes, say yes........
And if you want to be free, be free
'Cause there's a million things to be
You know that there are
And if you want to live high, live high
And if you want to live low, live low
'Cause there's a million ways to go
You know that there are
You can do what you want
The opportunity's on
And if you can find a new way
You can do it today
You can make it all true
And you can make it undo
you see ah ah ah
its easy ah ah ah
You only need to know
Well if you want to say yes, say yes........
★★★★★
Editions Folio, traduction Jane Fillion, 155 pages



