Tuesday, July 7, 2015

Dans mon rétroviseur

De retour avec mon deuxième bilan trimestriel de l'année 2015 (avril, mai et juin). Au total, j'ai lu 25 romans (je ne compte ni les bande-dessinées, ni les romans graphiques). Ce n'est pas mal du tout, j'aurais aimé lire plus mais entre un examen et des obligations professionnelles, je m'en sors pas mal.

Une chance pour ce bilan, aucune déception à vous annoncer. Je ne présente pas tous les livres lus mais ceux qui m'ont plus ou moins enchantés !

Un agréable moment de lecture ♥ et



Mes coups de cœur




 


et enfin.....

 Mes gros coups de cœur 




Monday, July 6, 2015

Un membre permanent de la famille

Un nouveau recueil de nouvelles à se mettre sous la dent ! J'ai eu envie de lire le recueil de Russell Banks dès sa sortie et plusieurs billets m'ont conforté dans mon envie. Finalement il est arrivé à la BM et il ne m'aura fallu qu'un aller et retour en train (le même jour) pour le lire. 

Russell Banks a ce talent particulier pour "filmer" le quotidien des gens ordinaires en se faufilant à travers les fissures de leurs âmes et en nous offrant un aperçu de leurs craintes les plus profondes.  Banks vous offre ici l'image que ses personnages se renvoient en se regardant dans un miroir. Cette image qui parfois nous fait détourner le regard.

Ces douze nouvelles ne sont pas toutes égales, une ou deux, j'avoue m'ont laissé perplexe, mais d'autres ont su, en quelques pages, m'attraper pour ne plus me lâcher.  Ici les nouvelles sont toutes hétérogènes,  je n'ai pas trouvé de vrai fil rouge entre les histoires exceptées pour cette quête perpétuelle d'identité.  A la faveur d'un décès, d'un accident, d'un mensonge, d'un congrès, les personnages doivent faire face à leur plus grand ennemi : eux-mêmes et parfois ils décident de faire face. 

Comme l'héroïne des Oiseaux de neige dont la mort subite de son époux (après une trentaine années de mariage) va profondément changer son rapport à la vie et lui permettre de se libérer d'une fonction, celle d'épouse fidèle pour être enfin elle-même. Lorsque le héros de la première nouvelle passe à l'acte, c'est pour enlever cette armure de père "marine" qu'il a endossé pendant des années (après le départ impromptu de son épouse) pour élever ses trois fils mais dont le poids aujourd'hui est trop lourd à porter. Il s'en libère. Mais le prix à payer est élevé. 

Mon coup de cœur a été en premier pour la nouvelle dont le livre a volé le titre, Un membre permanent de la famille, où le héros n'est autre que l'animal en couverture du livre. Un animal qui porte en lui le poids d'une famille, à jamais dissolue. L'animal qui sert de lien invisible entre les membres d'une famille fragilisée et dont la disparition va créer un gouffre inattendu. Un très joli moment de lecture.

Puis l'avant-dernière nouvelle où j'ai adoré la rencontre entre cette femme esseulée, mythomane et cet homme qui va la confronter. Un grand moment. Il y a aussi les actes manqués avec le mari humilié qui invité à la fête de Noël de son ex-femme et du nouveau mari riche de cette dernière voit sa haine le pousser à se comporter de manière inquiétante ou cette femme coincée toute une nuit sur le toit d'une voiture, menacée par un pitbull chez un concessionnaire automobile. Incapable d'affronter l'image qu'elle croit renvoyer, elle voit toutes ses craintes se réaliser. 

Des nouvelles qui ne ressemblent en rien à celles plus violentes, plus percutantes de Craig Davidson, mais qui s'insinuent en vous, dans vos propres peurs et peuvent créer une sorte de malaise pour le lecteur, tour à tour témoin ou voyeur. 

"Comme Veronica, je ne sais pas ce qui est réel et ce qui ne l'est pas, je n'ai moi non plus aucun moyen de le savoir. C'est à ça que aboutissent les junkies. Ils vivent dans leur propre récit personnel même quand ils ne sont pas défoncés. Ils inventent la réalité et la déforment selon leur envie de drogue, et si tu marches dans leur récit ne serait-ce qu'un tout petit peu, c'est ta réalité à toi qui se trouve infectée jusqu'à ce que leur déformation devienne aussi la tienne ; et tout le temps, vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, tu vas te creuser la tête pour savoir si cette fille plane ou pas, si elle tient le coup ou pas, si elle va t'arnaquer pour acheter de la came ou pas, si elle dit la vérité ou pas, et même si elle sait ce qui est vrai. C'est comme un virus. Leur maladie devient la tienne. La seule réponse valable, c'est de te mettre en quarantaine, loin d'eux, ... (...)". (p.209)

Entre la chaleur et les cocktails de Miami et la neige et le froid du Michigan, l'auteur américain nous emmène à la rencontre d'êtres ordinaires poussés au mensonge, à la fuite ou à l'affabulation pour fuir leurs mornes existences. Leurs comportements cachent de profondes abîmes, des dépressions, des angoisses qu'ils ne peuvent partager et qui les poussent à agir violemment, déraisonnablement. La vieillesse, la routine du mariage, que le couple soit moderne ou traditionnel, la drogue, le jeu, résultat :  l'usure est la même. Le temps n'arrange rien chez les personnages de Banks (souvent de jeunes retraités).

Vous aurez compris, j'ai trouvé chez le romancier une intensité extraordinaire et surtout, à travers les choses du quotidien, une parabole sur la vie humaine, sa fragilité et sa faillibilité. Même si, comme je l'ai précisé en début de billet, je suis parfois restée perplexe mais à réfléchir, je pense que Russell Banks parle de lui-même puisqu'il semble obséder (à travers plusieurs nouvelles) par le temps qui passe, la vieillesse (et la Floride, véritable paradis pour ces oiseaux des neiges) et l'inéluctable face à face avec la mort. Certains choisissent de rester sur la même voie, quitte à supporter un époux peu aimable et d'autres choisissent soudainement de prendre leur envol, une dernière fois, vers de meilleurs cieux.


Ancien marine 
Un membre permanent de la famille 
Fête de Noël 
Transplantation 
Oiseaux des neiges 
Big Dog 
Blue 
Le perroquet invisible 
Les Outer Banks 
Perdu, trouvé 
A la recherche de Veronica
La porte verte



Actes Sud, Recueil de nouvelles,  traduction Pierre Furlan, 239 pages.

Saturday, July 4, 2015

Je blogue un peu, beaucoup, passionnément ...


Encore un ! La faute à Marie-Claude... et ainsi je fête mon retour après cette extraction forcée... 

Bon, je plaisante .. En attendant, j'espère qu'elle sera heureuse de voir les réponses à ce questionnaire pour lequel elle s'est prêté au jeu cette semaine.  Vu que je suis à nouveau disponible pour consacrer du temps à mon blog, je me lance ! Même si mes réponses risquent fort d'avoir un air de déjà vu pour certains ;-)

1/ As-tu une ligne éditoriale pour ton blog ? Si oui, quelle est-elle ? 

Oui et non. Oui, car ce blog est consacré aux livres. Etant donné que j'ai deux blogs (les plus fidèles font parfois des apartés sur mon autre blog), j'ai créé celui-ci pour ne parler que de livres ou du monde qui entoure les livres comme dans mes billets Miscellanées. Quant aux choix des livres, ce sont les miens (à mon actif un seul partenariat qui fonctionne à l'envers des autres). Généralement, ils sont liés à vos coups de coeur, aux critiques dans certains magazines (Lire) ou à mes coups de foudre en librairie ou en bibliothèque. J'ai quand même craqué pour un livre uniquement parce que je trouvais sa tranche attirante ! Ma ligne éditoriale est celle d'une blogueuse avec la liberté de crier haut et fort au génie ou d'essayer de comprendre pourquoi je n'ai pas accroché ...

2/ Pourquoi avoir choisi ce titre pour ton blog ?

J'avoue qu'il est un peu trop long (et en anglais de surcroît) mais je voulais qu'il fasse le lien avec mon autre blog et puis c'est un hommage à un superbe dessin animé où des livres s'envolent... Il est disponible sur la toile si vous êtes curieux (Les fantastiques livres volants de Morris Lessmore*). 

3/ Pourquoi avoir choisi cette entête pour ton blog ?

J'ai deux autres entêtes que j'aime beaucoup que j'utilisais au tout début sur ce blog. Je dois préciser que j'ai créé ce blog il y a deux ans, mais qu'il est resté de longs mois en souffrance et puis depuis que je m'y consacre (aujourd'hui il dépasse son grand frère en terme de temps consacré) j'ai eu envie de légèreté, de sérénité - le blanc m'a inspiré. On peut imaginer tous les livres que l'on souhaiterait voir dans cette bibliothèque. 

De même, j'ai toujours fait évoluer le design de mes blogs, donc attendez vous à ce qu'elle change un jour. Pour l'instant, je suis satisfaite.

4/ En moyenne, combien de temps mets-tu pour rédiger un billet ?

Parfois un petit quart d'heure me suffit, une grande inspiration vient soudainement me frapper et hop je ne peux pas arrêter d'écrire ! Je souffre aussi d'avoir des idées qui me viennent à propos d'un livre à des moments totalement inopportuns (genre au travail, dans le bus) et je ne peux pas les noter et je rage ! Mais aussi l'inverse, un livre qui, soit ne m'a pas beaucoup plu, l'inspiration se fera alors discrète ou alors des livres qui m'ont vraiment marqué ou énervé (comme Buvard par exemple) et là je peux y consacrer 1h30. J'ai aussi pris l'habitude de les laisser reposer (comme la pâte à pain..) car j'ai remarqué que je négligeais souvent la forme et il est important d'y remédier avant de cliquer sur "Publier".

5/ Combien de temps consacres-tu à ton blog par jour ?

Après avoir connu un mois entier de frustration où j'avais peu de temps à y consacrer (et encore moins aux vôtres), j'éprouve un énorme plaisir à lui consacrer plusieurs heures d'affilée ! Mais pour être honnête, si mon billet est publié (je le laisse en moyenne deux jours), j'y reviens uniquement pour répondre à vos commentaires et le cas échéant préparer un ou plusieurs billets. Contrairement à Marie-Claude, je ne me concentre pas sur le week-end, résultat c'est plus ou moins tous les jours. Entre cinq minutes et une heure et demie ? Pas de chiffres précis. 

6/ Ton moment préféré pour écrire ? 

Le soir ? Oui et non, j'ai remarqué que le matin (après ma pause vers 10h50) je suis souvent inspirée ce qui est amusant car au travail c'est l'inverse - je travaille beaucoup mieux le soir que le matin où je suis plutôt dans un état semi végétatif. Mais quand on aime ce qu'on fait, tout est plus facile ! 

7/ Considérant le nombre de visiteurs et de commentaires pour cette catégorie, tu pourrais la laisser tomber sans que le blog en souffre...

Je ne suis pas très chiffres. En premier, parce que mon blog a été longtemps laissé en friches .. et quand je l'ai repris, c'était pour moi au départ. Maintenant, j'avoue que j'aime beaucoup "mon gang de lecteurs" qui viennent me laisser un gentil mot (ou défendre leur point de vue, comme cette chère Quai des Proses) mais je sais aussi que certains billets attireront moins de lecteurs (et de commentaires), comme la bande-dessinée ou par exemple en dernier lieu L'égaré de Lisbonne, mais qu'importe ! Quand j'ai eu un coup de coeur pour un livre, je le crie haut et fort !
Et contrairement à d'autres blogueurs, ce blog n'est pas consacré qu'à un seul genre (comme les polars). Il y a aussi mes billets Miscellanées (encore rares) mais ça serait renier une petite partie de moi.. et surtout je ne tiens pas ce blog pour établir un record (mon autre blog le bat à plate couture).

8/ Qui m'aime me suive - Préfères-tu avoir une grande affluence diversifiée ou le même gang de fidèles ? 

Contrairement aux blogs beauté ou voyages, je n'ai jamais vu un blog dédié aux livres battre des records d'affluence ou alors certains blogs lecture jeunesse ou les Booktubeuses. En réfléchissant un peu, je vois un blog pourtant qui bat les records .. elle se reconnaîtra et je l'adore car elle ne déroge pas à sa ligne éditoriale, elle est juste passionnante. Je veux dire que je connais plusieurs blogueuses qui vivent aujourd'hui uniquement des retombées médiatiques de leurs blogs, le rêve non ? Enfin, pouvoir me consacrer à la lecture et à l'écriture, le pied !

Donc j'ai envie de répondre : les deux mon Capitaine ! J'aime beaucoup avoir de nouveaux amis car j'aime l'idée qu'ils intègrent ce club magique, un peu comme un endroit secret où seuls les vrais passionnés détiennent la clé... Et j'adore mon gang de lecteurs ! J'adore pouvoir partager avec vous mes coups de coeur et lire les vôtres. On dit souvent beaucoup de mal d'Internet mais il a réussi à connecter aussi des milliers de personnes à travers leurs passions.  Donc ne me lâchez pas !  Bon allez, avouez : je vous fais marrer avec mes craquages de slip ?!

9/ Tu as déjà pensé à devenir booktuber ?

Oh non ! Enfin, une microseconde quand Cachou leur a consacré un billet. J'ai découvert six ou sept booktuber qui se consacrent à des livres pour adultes (car à part une booktubeuse marocaine super mais qui a du arrêté) je n'entendais parler dans les médias que des booktuber ados qui font un tabac avec la young lit. 

Bref, j'ai regardé et je dois avouer qu'aucun ne m'a vraiment plu. L'une un peu cependant donc je devrais retenter le coup.  Et puis surtout j'écris beaucoup mieux que je ne m'exprime ! 

Enfin, ça serait amusant, car vous pourriez ainsi voir ma mini saucisse poser la patte toutes les 30 secondes sur mon ordinateur pour me dire "stop" et mon chat (sinon les 2) assis à mes côtés regarder l'écran ou miauler (réclame de croquettes toutes les heures).

10/ Tu as déjà pensé mettre la clé sous la porte pour ton blog ? Si oui, pourquoi ? Et pourquoi continuer ?

Euh non ! Il est encore trop jeune. Par contre, j'ai déjà fermé deux autres blogs (il y a plusieurs années) avant de trouver le bon, mais je parle ici de mon autre blog multiculturel.  Celui-ci va encore vivre de très belles années j'espère !

Je te suivrais, ou pas ... Parlons un peu blogrolls pour conclure

1/ Tu visites un blog littéraire pour la première fois...
J'adore! J'y reviendrai souvent, parce que...

 - La personne est passionnée lorsqu'elle écrit un billet et surtout y consacre du temps et émet une vraie critique au lieu de recopier uniquement la quatrième de couverture ou nous dire "sympa!". J'ai besoin de me plonger avec délectation dans son billet et ressentir au travers une partie des émotions qu'elle a éprouvées lors de sa lecture (qu'elles soient positives ou négatives). Bref, une critique vivante !

- Les choix littéraires me plaisent ou surtout éveillent ma curiosité. Ainsi auparavant les romans d'aventure me laissaient totalement de marbre et en lisant des critiques, mon avis évolue ! J'aime bien être mise au défi ou surtout voir mes "principes" mis à mal !  Par exemple, le blog de Quai des Proses est génial pour ça. J'adore son univers et elle arrive à me donner envie de lire des livres qui sont pourtant loin de mon univers. 

- Enfin, je dois avouer que le design du blog joue aussi beaucoup ! J'ai vraiment eu le coup de foudre pour celui de Marie-Claude et l'entête de Gab, l'organisation de Keisha, le design et le portrait du blog d'Elodie... En fait, si je viens souvent vous voir, c'est que je retrouve tous ces éléments dans vos blogs !

Au suivant, parce que ...

- l'univers n'est pas du tout le mien : exemple, les blogs consacrés à des genres que je fuis. Je pense ainsi à la young lit (vampires et compagnie), la chick lit ou aux livres de self development.
- les faux billets (comme je le disais "ce livre est sympa" ou juste la quatrième de couverture) parfois je vois le titre d'un livre qui m'attire et je clique sur le lien et je suis très déçue ! 
- A part un blog pour lequel j'arrive à fermer les yeux, je reste comme Marie-Claude totalement imperméable aux oursons, aux coeurs et à la couleur rose ! (perso, quand on adore lire du Benjamin Whitmer, ça ne le fait pas!)

2/ Je consulte souvent ce blog, mais ce type de billets m'agace ou m'ennuie.

Un copier-coller de Marie-Claude et de Gab :
- C'est lundi que lisez-vous ?
- Dans ma mailbox

Bon, j'avoue qu'il m'arrive d'en lire un car la fille m'épate (je ne lis pas ses billets car ils sont consacrés à un genre que je n'aime pas) mais elle a tellement de partenariats qu'elle arrive à recevoir 25 livres par semaine ! Je trouve ça hallucinant. (Young lit pour les curieux).

Comme Marie-Claude, j'ai du mal aussi (j'avais à l'époque tenté de le faire pour un ancien blog) avec le fond noir et le texte en blanc. Je crois que ça doit être lié à ma vision tout simplement. 

Pour terminer, dirais-tu que tes habitudes de lecture ont changé depuis que tu tiens ton blog ?

Oui et non. Oui, car comme Gab, ma wishlist (celle sur le site de ma BM) et ma PàL ont explosé mais l'évolution dans mes habitudes a commencé avant ce blog.

Il y a dix ans, je lisais principalement des polars et du nature writing. J'avoue que je n'arrive toujours pas à lire des livres "romantiques" (exceptés pour les classiques, genre Jane Austen, car ils arrivaient à parler de beaucoup plus dans leurs livres), je ne lis presque plus de fantasy ou de science-fiction (pourtant le blog de Cachou me donne régulièrement envie), idem pour les Anne Rice de ma jeunesse.

Cependant, c'est bien grâce à vous qu'aujourd'hui je lis beaucoup plus de romans contemporains, des romans d'aventure, des livres auxquels je n'aurais pas accordé un seul regard lors de mes sorties en librairie et maintenant j'ai cette liste de titres qui n'en finit pas !

Et vous ?

(*) Merci Keisha

Thursday, July 2, 2015

Frank Sinatra dans un mixeur

Il faut une certaine dose de courage pour braquer une banque au volant d’une camionnette de boulangerie. Ou [plutôt] une certaine dose de bêtise. En tout cas, ça ne passe pas inaperçu. Et quand il s’agit de remettre la main sur le butin, flics et voyous se lancent dans la course. Pour Nick Valentine, ex-policier devenu détective privé, c’est l’occasion rêvée de se refaire. À chaque loi qu’il transgresse, à chaque bourbon qu’il descend, à chaque cachet d’Oxycontin qu’il avale, il s’approche un peu plus du jackpot. Ou de la noyade dans le Missouri.

Difficile de raconter l'histoire mais sachez que j'ai passé un excellent moment en compagnie de Nick Valentine, que j'ai dévoré le livre, sourire aux lèvres, que je me suis bien amusée à voir toutes cette bande de losers tenter de mettre la main sur un butin, qui, il est clair, leur porte une poisse monumentale. 

Les personnages sont énormes, certains diront too much - à la Tarantino si vous cherchez une comparaison. Mais rassurez-vous, le lecteur est toujours en bonne compagnie. Ce jeune auteur américain, originaire du Missouri nous livre ici une aventure rocambolesque (dont les droits ont déjà été achetés par Hollywood), où une bande de losers décident de braquer une banque puis de fausser la route à leur commanditaire. Que dire de ce Telly qui croit un instant en sa bonne étoile ? Une fois son patron au courant du détournement, le voilà recherché par Sid l'Angliche et Johnny Sans Couilles, deux hommes de main pas très malins mais extrêmement vicieux. Parallèlement, Nick Valentine va faire marcher ses contacts, en la personne de Big Tony, patron désabusé et accro à la coke d'une boite de strip-tease. Les deux hommes accompagnés de Doyle, un voleur de talent, vont partir à la chasse de ce fameux butin, pas forcément avec les mêmes projets.   

Forcément rien ne se passe comme prévu. Nick Valentine, que dire ? Un ex-policier devenu enquêteur à Saint-Louis accro à la bouteille comme un nouveau né à sa tétine. Un surhomme vu la consommation quotidienne de médicaments, drogues et alcool qui enquête à la demande des flics (dont un ex-Amish ça ne s'invente pas) et s'occupe bon gré, mal gré de son chien, un croisé Yorkshire, prénommé Frank Sinatra. 

"Frank sautillait sur mon pied, rebondissait et aboyait. A ma gauche je vis un vieux numéro du magazine People avec David Hasselhoff en couverture. A un moment, Frank décida de déposer une crotte sur la poitrine dénudée du héros d'Alerte à Malibu". (p. 159)

Oui, Nick Valentine peut rebuter au départ, entre sa consommation monumentale de cachets et d'alcool, un appartement à la limite de l'insalubrité, une carrière en mi-teinte et pourtant il arrive à s'occuper d'un autre être vivant, son chien. Bon, forcément il y a des ratés, il oublie régulièrement de sortir la bête mais celui-ci ne lui en tient guère rigueur. En tant que propriétaire d'une mini saucisse, j'ai souri en lisant tous ces passages où il décrit la joie immense du terrier en voyant son maître le soir, en descendant les marches de l'escalier, en prenant plaisir à "s'exprimer" ci et là.

Oui, j'avoue - j'ai été prise d'affection pour ce chien et puis j'adore les hommes qui n'ont pas besoin d'un gros chien méchant pour exprimer une virilité absente à leur personne. Nick Valentine est viril et adore son Yorkshire.  Un ex-flic au coeur sanguin qui a une furieuse tendance à réagir un peu trop vite mais on ne peut pas lui résister !

J'ai appris que Matthew McBride a longtemps vécu dans une ferme dans le Missouri avec comme animal de compagnie un taureau, prénommé Hemingway. Bon signe, non ? 

Alors n'hésitez pas à vous embarquer pour 256 pages de folie, de drôlerie mais aussi dans une aventure diablement rythmée, aux dialogues décapants parfois féroces mais extrêmement jubilatoires ! Et au final une bande de losers pas si méchante que ça, avec des doses de gentillesse parsemées ci et là, au milieu de tirs de fusils, de strip-teaseuses, de coups de poing et de sales bleus, d'amphétamines et des sorties pipi de notre Frank national ;-)

Quant aux petits curieux, j'avoue qu'une fois découvert qui était ce cher Frank Sinatra, j'ai regardé à deux fois le titre du roman ;-)




Editions Gallmeister, collection Neonoir,  traduction Laurent Bury,  256 pages