Je voulais écrire un billet sur le deuxième volet des aventures de Carl Mørck et Hafez el Assad du Département V de la police danoise, j'ai donc recherché mon précédent billet sur le premier volet "Miséricorde" - et je ne l'ai jamais trouvé, car je ne l'ai jamais écrit ;-)
Pourtant, je me souviens bien avoir lu le livre signé Jussi Adler-Olsen
très rapidement pendant l'été 2013, et avoir beaucoup aimé le style et
l'histoire. J'ai donc attendu que sorte en format Poche le second volet,
Profanation pour retrouver
les deux personnages principaux de ces enquêtes policières scandinaves.
Je vous livre ici mon avis sur ces deux livres, sachez que le troisième
volet vient de sortir, intitulé Délivrance, mais il n'est disponible qu'en broché, ça attendra l'année prochaine (à moins que je ne l'emprunte à la bibliothèque).
Prix du meilleur polar scandinave, Miséricorde réussit
à accrocher le lecteur presque immédiatement (ce fut mon cas). Le
premier chapitre met en scène Merete Lyyngaard une femme politique,
détenue prisonnière dans une cage depuis cinq longues années, puis
l'auteur danois présente les deux principaux personnages : Carl Mørck,
un flic mal aimé, dont une tragédie professionnelle a compromis son
avenir (un de ses collègues est mort et l'autre est tétraplégique) qui
doit apprendre à travailler avec un assistant petit, bourru, Hafez
el Assa, d'origine syrienne au sien de la nouvelle unité chargé
d'enquêter sur les affaires classées, les fameuses "cold case". Les deux
hommes devront apprendre à travailler ensemble, accepter d'être
relégués au sous-sol du Département V, ils vont réussir l'improbable...
Le
rythme est là, l'humour est présent, et on s'attache facilement aux
deux personnages principaux - même si on peut trouver la prose
académique, on se laisse facilement porter par l'histoire. A noter que
j'ai préféré l'accroche de ce livre (une femme disparue depuis cinq ans)
au suivant - mais j'ai toujours tendance à préférer le premier volet
(que ce soit littéraire ou cinématographique).
Le
deuxième volet des aventures de Carl et Hafez prend place plusieurs
mois après la résolution de la première affaire. Les deux hommes sont
toujours au sous-sol, mais leur premier succès leur permet de commander
des fournitures et d'agrandir leur équipe avec Rose, une assistante
(ancienne élève de l'académie de police). Les deux hommes ont le
privilège de pouvoir choisir leur enquête, lorsqu'un dossier sur un
double meurtre, vieux de 20 ans, ressurgit comme par magie sur leur
bureau. Intrigués, les policiers découvrent que l'assassin croupit en
prison depuis 17 ans, après des aveux spontanés. Près à abandonner
l'affaire, ils sont de nouveau mystérieusement remis sur la piste des
véritables tueurs par une mystérieuse personne - ils découvrent alors
que l'enquête sur l'assassinat de deux adolescents (un frère et une
sœur) a été bâclée et que les principaux suspects étaient des élèves
d'un lycée privé huppé. Les principaux suspects sont aujourd'hui parmi
les hommes les plus puissants du Danemark.
Ici
Jussi Adler-Olsen ajoute une profondeur aux personnages et évoque
allègrement les milieux de la haute-bourgeoisie et celui des affaires
qui regorgent de secrets et de mensonges. L'auteur danois présente aussi
une autre facette de l'assistant syrien (qui cache aussi des secrets),
celui-ci prend de plus en plus de libertés et n'hésite pas à se
présenter comme policier, ce qui a le don d'énerver son chef, mais on
voit également le racisme auquel il doit faire face quotidiennement.
Jussi-Adler livre une vision plus corrosive du Danemark - une vision
sombre de la haute société.
L'un des personnages les plus forts, Kimmie, incarne ici toute la violence qui entoure ce monde de privilégiés.
Si
je ne me suis pas ennuyée dans ce deuxième roman, l'enquête est
passionnante, le rythme est soutenu - j'ai été cependant un peu rebutée
par l'extrême violence des principaux suspects. Ce sont de vrais
malades, assoiffés de sang comme de pouvoir, sans la moindre humanité.
Comme dans le premier volet, l'auteur ouvre sur une scène marquante,
celle d'une chasse à l'homme qui forcément titille la curiosité
naturelle du lecteur.
Je
tiens à préciser que je trouve le style de l'auteur plus proche des
romanciers américains que des romanciers scandinaves (Arnaldur
Indridason ou Henning Mankell), il manque quelque chose que je ne
retrouve pas dans les romans de Jussi Adler-Olsen.
Je lirai le troisième tome avec plaisir c'est certain, mais je peux facilement attendre leur sortie en poche.
C'est bien dit, tout ça! Surtout: «il manque quelque chose que je ne retrouve pas dans les romans de Jussi Adler-Olsen». Tout à fait d'accord. Rose, drôle de personnage, non? Et Hafez... Bien hâte de voir ce qu'il cache, celui-là.
ReplyDeleteoh oui Hafez !! et Rose. J'aime beaucoup cette équipe atypique.
DeleteMaintenant j'ai envie de lire le troisième volet ..
Oui, parce qu'ils sont danois ?! Mais il manque quelque chose.....